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Sámara

IMG hero (Nano Banana) : baie de Sámara au petit matin, longue plage en arc de cercle bordée de cocotiers, mer très calme et basse, ligne d'écume d'un récif au large, sable doré, quelques kayaks, lumière dorée, péninsule de Nicoya

En bref

Il y a des plages qui vous crient dessus, et il y a Sámara. J'y suis arrivée un après-midi de novembre, la route encore mouillée derrière moi, et la première chose qui m'a frappée c'est le bruit. Ou plutôt son absence. Pas de sono de bar de plage, pas de vendeurs à la criée, juste le clapot d'une mer qui ne montait pas les épaules, des cocotiers qui grinçaient un peu et un chien qui dormait en travers du trottoir. J'ai posé mon sac, enlevé mes tongs, et je suis entrée dans l'eau jusqu'aux genoux sans même y penser. Tiède, calme, plate. Le genre de baie où l'on respire.

On m'avait vendu Sámara comme la plage tranquille de la péninsule de Nicoya, celle où l'on emmène les enfants et les débutants, celle qui n'a pas cédé à la démesure de ses voisines. C'est exactement ça, et c'est pour ça que j'y suis restée plus longtemps que prévu. Un village à taille humaine, une baie protégée par un récif qui casse la houle avant qu'elle n'arrive, et cette impression rare, sur la côte Pacifique, de ne rien avoir à prouver.

La baie et son récif, pourquoi l'eau reste si calme

Le secret de Sámara tient dans une ligne d'écume qu'on aperçoit au large, à quelques centaines de mètres du bord. C'est le récif. Il ferme la baie comme une digue naturelle et absorbe l'essentiel de la houle avant qu'elle ne touche le sable. Résultat, devant la plage, la mer reste basse, calme, sans ces rouleaux qui vous fauchent les jambes ailleurs. On marche loin avec de l'eau à la taille. Les courants d'arrachement, ce cauchemar de beaucoup de plages du Pacifique, sont ici bien plus faibles qu'à côté.

Pour quelqu'un qui voyage avec des enfants, ou qui nage comme moi, c'est-à-dire moyennement, ça change tout. J'ai vu des familles entières installées les pieds dans l'eau, des gamins qui pataugeaient sans que personne ne surveille l'horizon avec angoisse, des grands-parents en train de flotter sur le dos. On se baigne à Sámara sans arrière-pensée, et c'est plus rare qu'on ne croit dans le coin. Je ne dis pas qu'il faut baisser la garde, la mer reste la mer et il y a des jours de houle plus musclée, mais la baignade y est franchement plus sûre qu'à Tamarindo ou Santa Teresa, où la vague ne fait pas dans la dentelle.

Le sable est clair, un peu doré, bordé de cocotiers qui donnent de l'ombre à ceux qui arrivent tôt, parce que les meilleurs coins partent vite. La plage fait un long arc de cercle, assez large pour que tout le monde trouve sa place même en haute saison. Aux extrémités, ça se vide, on marche cinq minutes et on se retrouve presque seul.

La baie au petit matin, mer plate et cocotiers · IMG : plage de Sámara à l'aube, longue baie en arc de cercle, mer très calme et basse, ligne d'écume du récif au large, cocotiers penchés sur le sable doré, lumière douce

Un village où l'on peut arriver sans galérer

Deuxième chose que Sámara a pour elle, et pas la moindre : on y arrive par une route goudronnée. Ça paraît anodin, mais dans la péninsule de Nicoya, c'est presque un luxe. Beaucoup de ses voisines se méritent au bout de pistes de latérite qui secouent la voiture, soulèvent la poussière en saison sèche et se transforment en patinoire de boue à la pluie. Pour rejoindre Santa Teresa ou certaines plages du sud, il faut aimer les gués et les nids-de-poule. Sámara, elle, se rejoint bien plus facilement depuis Nicoya, ce qui en fait une porte d'entrée idéale pour un premier séjour sur la côte, ou pour ceux qui n'ont pas envie de louer un gros 4x4.

Le village lui-même reste petit. Une rue principale qui descend vers la mer, quelques rues perpendiculaires en terre, des sodas familiales, des petites épiceries, deux ou trois écoles de surf, des cabinas simples et quelques hôtels sans prétention. On fait le tour à pied en dix minutes. Pas de tours de béton, pas de resorts géants qui bouchent la vue, pas cette impression de station calibrée pour touristes qu'on ressent ailleurs. Les Ticos y vivent encore, y tiennent commerce, y traînent le soir sur la plage avec une glace. Ça se sent, cette proportion-là, et elle fait toute la différence.

Sámara fait partie du Guanacaste, enfin de sa frange sud, la péninsule de Nicoya, région sèche et ensoleillée une bonne partie de l'année. En saison sèche, de décembre à avril, le ciel est bleu du matin au soir et la chaleur tape à midi. En saison verte, les averses tombent surtout l'après-midi et le paysage reverdit d'un coup. J'ai connu les deux, et je garde un faible pour les mois de transition, moins de monde, mer encore calme, verdure de retour.

Apprendre à surfer sans se faire peur

Justement parce que la baie est douce, Sámara est un endroit gentil pour poser le pied sur une planche la première fois. La vague n'a rien d'un mur, elle casse mou, elle pardonne. On tombe dans quarante centimètres d'eau sur du sable, pas sur du reef. J'ai vu des gens de tous âges tenter leur premier take-off ici, y compris des enfants de huit ou dix ans que les moniteurs poussaient dans la mousse en riant.

Il y a plusieurs écoles dans le village, tenues souvent par des locaux qui connaissent la baie par cœur. Les prix se ressemblent, comptez large et discutez le pack de plusieurs séances, c'est là qu'on s'y retrouve. Ce qui compte, ce n'est pas le tarif, c'est le moniteur qui reste avec vous dans l'eau au lieu de vous lâcher après le briefing. Pour un confirmé, honnêtement, Sámara sera trop sage : la vague manque de puissance et vous vous ennuierez vite. Mais pour débuter, ou pour un enfant, c'est parfait. Si vous voulez comprendre où va chaque niveau et à quelle saison, j'avais épluché ce guide du surf au Costa Rica avant de partir, il m'a évité pas mal de déconvenues.

Sámara, c'est la baie où l'on apprend à tomber sans se faire mal, où les enfants se baignent sans qu'on retienne son souffle, et où personne ne cherche à vous impressionner.Manon Estibal

Sámara, c'est pour qui, pour quoi

À force d'y croiser des profils très différents, j'ai fini par me faire une idée assez claire de qui repart content de Sámara et qui risque de s'y ennuyer. Parce que ce village ne fait pas semblant : il est calme, familial, tranquille, et c'est justement sa force. Voici comment je résumerais les choses, avec mes mots et mon vécu de plusieurs passages.

On vient chercherSámara, ça donne quoiVerdict
Baignade tranquilleBaie fermée par le récif, mer basse et calmeExcellent
Débuter le surfVague molle sur sable, écoles au villageIdéal
Voyager en famillePlage sûre, village compact, tout à piedUn des meilleurs choix
Calme et reposPas de démesure, ambiance décontractéeCe qu'on vient y chercher
Accès facileRoute asphaltée depuis NicoyaRare et appréciable
Grosses vagues et fêteVague trop sage, nuits calmesPassez votre chemin

Si vous cherchez la houle sérieuse et les soirées qui n'en finissent pas, Sámara vous laissera sur votre faim, et ce n'est pas un défaut, c'est un choix. Pour tout le reste, baignade, premiers pas sur une planche, journées de plage avec des enfants, farniente sans se ruiner ni se stresser, c'est l'une de mes adresses préférées de la côte. Les familles, en particulier, y trouvent une facilité qu'on ne mesure qu'une fois sur place ; j'en parle plus longuement dans mes conseils pour voyager au Costa Rica en famille.

Fin de journée sur le sable, l'heure des glaces · IMG : plage de Sámara en fin d'après-midi, familles et enfants qui pataugent dans une eau basse et calme, cocotiers, quelques planches de surf plantées dans le sable, lumière dorée de fin de journée

La balade vers Playa Carrillo, cocotiers en rang

À quelques kilomètres au sud de Sámara, il y a une plage que je recommande à tout le monde, Playa Carrillo. On y va en scooter en un quart d'heure, ou en bus local, et le contraste vaut le déplacement. Carrillo, c'est une longue courbe de sable presque déserte, bordée d'une rangée de cocotiers parfaitement alignés qui donnent de l'ombre naturelle tout du long. Aucune construction en front de mer, juste la plage, les palmiers et l'eau. On dirait une carte postale, sauf qu'il n'y a personne pour la vendre.

J'y ai passé une après-midi entière, un livre et une noix de coco fraîche achetée à un type au bord de la route, sans croiser plus de dix personnes. La baignade y est calme elle aussi, la mer douce. Le soir, quelques familles ticas viennent pique-niquer sous les arbres et le coucher de soleil se fait sans témoin ou presque. Si Sámara vous paraît déjà tranquille, Carrillo pousse le curseur encore d'un cran. C'est le genre d'endroit qu'on garde pour soi et dont on parle à voix basse.

Kayak jusqu'à l'île, tôt le matin de préférence

Au milieu de la baie de Sámara, posée sur l'eau comme un caillou vert, il y a une petite île. Isla Chora, un bout de terre couvert de végétation qu'on rejoint en kayak ou en stand-up paddle depuis la plage. La traversée est courte, protégée par le récif donc sans grosse vague, et c'est une de mes activités préférées ici. On loue un kayak sur le sable, on pagaie tranquillement une vingtaine de minutes, et on débarque sur une petite crique de l'autre côté.

Le mieux, c'est d'y aller tôt, avant que le vent ne se lève et que la chaleur ne monte. J'ai fait la traversée un matin vers sept heures, la mer était un miroir, et j'ai croisé des pélicans qui plongeaient et un banc de poissons filant sous la coque. Sur l'île, on peut poser le kayak et faire du snorkeling autour des rochers, la visibilité dépend beaucoup du jour et de la houle mais un bon matin, c'est joli. Emportez de l'eau, un chapeau, et prévenez quelqu'un si vous partez seul. Rien de dangereux dans la baie, mais le soleil de Nicoya ne prévient pas.

Manger, traîner, ne rien faire

Le soir, à Sámara, il ne se passe pas grand-chose, et c'est très bien ainsi. Quelques bars de plage où boire une bière les pieds dans le sable, des sodas où l'on mange un casado pour trois fois rien, poisson grillé, riz, haricots, salade et un jus de fruit frais, une poignée de restos un peu plus léchés pour les soirs où l'on veut se faire plaisir. La musique reste basse, les terrasses se vident tôt. On croise plus de familles et de couples que de fêtards, et l'ambiance a ce côté décontracté, pieds nus, sans façon, qui colle à l'endroit.

J'ai mes habitudes dans une soda tenue par une dame qui m'appelait mi amor au bout du deuxième jour et me resservait du jus de cas sans que je demande. C'est ça aussi, Sámara. On y prend vite ses marques, on y devient un visage familier, on ralentit sans s'en rendre compte. Le rythme du village finit par déteindre. Un matin de surf, une après-midi de plage, une glace au coucher du soleil, et la journée est pleine.

Combien de temps, et avec quoi combiner

Trois ou quatre jours à Sámara passent tout seuls, surtout si l'on prend le temps de pousser jusqu'à Carrillo et de traverser vers l'île. Pour une famille, on peut facilement y poser ses valises une semaine sans tourner en rond, en alternant plage, surf et petites excursions. C'est un endroit où l'on décompresse plus qu'on ne coche des cases, et c'est précisément pour ça qu'il fonctionne si bien en début ou en fin de voyage, quand on a besoin de souffler.

Pour la suite, tout dépend de ce que vous cherchez. Si Sámara vous a plu mais que vous voulez un peu plus de vie et de spots de surf, remontez vers Tamarindo, plus animée, plus balisée, championne des premières leçons. Si au contraire vous avez aimé le calme et que vous en voulez encore, filez vers Nosara, sa jungle qui grignote la plage et son rythme de yoga et de surf. Beaucoup de voyageurs enchaînent ces plages de Nicoya du nord au sud et repartent en ayant goûté à toutes les ambiances, du plus vivant au plus sauvage. Sámara, dans ce chapelet, tient le rôle de la baie où l'on respire. Celle où l'on revient, l'air de rien, parce qu'elle ne demande jamais rien en échange.

Isla Chora vue depuis la plage au lever du jour · IMG : petite île verte au milieu de la baie de Sámara, mer plate comme un miroir au lever du soleil, un kayak orange sur le sable au premier plan, pélicans, lumière dorée rasante

Teste-toi

Pourquoi la mer reste-t-elle si calme devant Sámara ?

Questions fréquentes

Oui, c'est l'une des meilleures de la côte Pacifique pour ça. Le récif garde la mer basse et calme, les courants d'arrachement y sont bien plus faibles qu'ailleurs, et le village compact se fait à pied. On se baigne sans passer son temps à surveiller l'horizon.

Sámara se rejoint par une route asphaltée depuis Nicoya, ce qui est rare dans la péninsule. Pas besoin d'un gros 4x4 pour arriver au village, contrairement à Santa Teresa ou certaines plages du sud accessibles par des pistes de terre.

Oui, la baie est douce et la vague casse mou sur du sable, sans reef. C'est parfait pour un premier take-off ou pour un enfant. En revanche un surfeur confirmé trouvera la vague trop sage et s'ennuiera vite.

La balade vers Playa Carrillo, à un quart d'heure au sud, une longue plage déserte bordée de cocotiers alignés. Et le kayak vers Isla Chora, la petite île au milieu de la baie, à faire tôt le matin quand la mer est plate et le vent absent.