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Le Guanacaste
En bref
- Le Guanacaste est la province la plus sèche et ensoleillée du Costa Rica, sur le Pacifique nord.
- L'aéroport de Liberia permet d'arriver directement à la plage sans passer par San José.
- Chaque plage a son ambiance : Tamarindo l'animée, Sámara la familiale, Nosara la nature, Conchal la balnéaire.
- Au-delà du sable, la culture sabanero, les fêtes et les parcs Rincón de la Vieja et Palo Verde valent le détour.
La première fois que j'ai posé le pied dans le Guanacaste, c'était en février, et la chaleur m'a sauté au visage dès la passerelle de l'avion. Une chaleur sèche, franche, qui sentait la poussière et le foin coupé. Je venais de San José, où il pleuvait la veille au soir, et là tout était doré. Les collines, l'herbe grillée, la lumière de fin d'après-midi. J'ai cru un instant m'être trompée de pays. Le Costa Rica que j'avais en tête était vert, moite, dégoulinant ; celui-là était couleur de biscuit.
Le Guanacaste, c'est le nord-ouest, la province qui longe le Pacifique jusqu'à la frontière nicaraguayenne. La plus sèche, la plus ensoleillée, celle des grandes plages et des couchers de soleil qu'on n'oublie pas. On y arrive souvent sans passer par la capitale, et ça change tout au voyage. Je vais vous raconter ce que j'y ai aimé, et aussi ce qui m'a un peu surprise.
Arriver par Liberia, et sentir la bascule
La grande particularité de la région, c'est son aéroport. Liberia, le Daniel Oduber, reçoit des vols directs depuis l'Europe et l'Amérique du Nord. Concrètement, on peut atterrir le matin et tremper les pieds dans le Pacifique avant le déjeuner, sans les quatre ou cinq heures de route depuis San José. La première fois, j'avais fait le trajet classique par la capitale ; la seconde, je suis arrivée droit à Liberia et j'ai gagné une journée entière. Pour un séjour plage, ça se réfléchit.
La ville de Liberia elle-même ne retient personne très longtemps. On l'appelle la Ciudad Blanca, à cause de ses vieilles maisons chaulées, et elle a un petit centre tranquille où prendre un café et changer un peu d'argent. Mais le vrai sujet, c'est ce qui l'entoure. À peine sorti de l'aéroport, on sent que le paysage n'obéit pas aux mêmes règles que le reste du Costa Rica. Moins de forêt épaisse, plus d'espace, des arbres isolés au milieu de champs jaunes, des vaches à l'ombre. On dirait presque un western tropical.
Le pays où il ne pleut pas (ou presque)
Il faut comprendre une chose sur le Guanacaste : sa saison sèche est la plus longue et la plus fiable du pays. Ce que les ticos appellent le verano, l'été, s'étire à peu près de décembre à avril, et pendant ces mois-là le ciel reste bleu du matin au soir. C'est pour ça que la province attire tant de monde en hiver européen. On y va chercher le soleil garanti, ou presque, parce qu'ici rien n'est jamais garanti tout à fait.
Ce climat façonne les paysages d'une manière que je trouve magnifique et un peu mélancolique. En pleine sécheresse, les collines virent au blond, les feuilles tombent, certains arbres fleurissent nus, tout jaunes ou roses, sur fond de terre craquelée. On est loin de l'image de jungle qu'on associe au Costa Rica. Puis les pluies reviennent vers mai, et en quelques semaines tout reverdit d'un coup. J'ai vu les deux visages, à un an d'écart, et j'ai eu l'impression de deux régions différentes. Si vous hésitez sur le moment de venir, la question de la saison mérite qu'on s'y attarde vraiment avant de réserver.
Un mot d'honnêteté quand même. Cette chaleur sèche est franche, parfois lourde en milieu de journée, surtout en mars et avril. On boit beaucoup, on cherche l'ombre entre midi et trois heures, on vit tôt le matin et en fin d'après-midi. Moi qui adore la plage, j'ai appris à caler mes baignades sur la lumière basse plutôt que sur le zénith.
Choisir sa plage, parce qu'elles ne se ressemblent pas
C'est le grand jeu du Guanacaste, et la question que tout le monde me pose. Quelle plage ? Parce qu'il y en a beaucoup, et qu'elles n'ont vraiment pas la même ambiance. Certaines vivent la nuit, d'autres se couchent à neuf heures. Certaines sont faites pour les débutants en surf, d'autres pour les familles avec des petits, d'autres encore pour ceux qui veulent juste une hamac et le silence.
Tamarindo, c'est l'animée, la plus connue, celle qui bouge. Restaurants, écoles de surf, vie du soir ; on aime ou on trouve ça trop touristique, mais les vagues d'apprentissage y sont douces et l'énergie est réelle. J'y ai passé de bonnes soirées et pris quelques belles gamelles à la planche. Un peu au-dessus, l'ambiance de Tamarindo déborde sur les plages voisines, plus calmes dès qu'on s'éloigne du centre.
Playa del Coco, c'est la plage des ticos autant que des étrangers, populaire, vivante, pratique pour sortir en mer. Playa Conchal, un peu plus au sud, m'a bluffée avec son sable fait de coquillages broyés et son eau turquoise. Flamingo joue la carte plus chic, avec sa marina. Et puis il y a le sud de la province, plus doux, plus posé. Sámara et sa baie protégée restent mon coup de cœur pour les familles : la mer y est calme grâce au récif, on peut laisser les enfants patauger sans stress. Un peu plus au nord sur la péninsule de Nicoya, Nosara garde son âme yoga et surf, avec ses routes en terre qui découragent gentiment les foules.
Si le surf est votre moteur, la côte du Guanacaste est un terrain de jeu généreux, des vagues pour débuter jusqu'aux spots plus sérieux. J'en parle plus longuement dans mon article sur le surf au Costa Rica, mais retenez que la région a de quoi occuper tous les niveaux, à condition de choisir la bonne plage au bon moment de marée.
| Plage | Ambiance | Surf | Familles | Calme |
|---|---|---|---|---|
| Tamarindo | Animée, vie du soir | Débutants, écoles | Correct | Faible |
| Playa del Coco | Populaire, tico | Peu de vagues | Bon | Moyen |
| Playa Conchal | Balnéaire, chic | Baignade surtout | Très bon | Moyen |
| Flamingo | Chic, marina | Baignade surtout | Bon | Moyen |
| Sámara | Douce, villageoise | Débutants, baie protégée | Excellent | Bon |
| Nosara | Yoga, nature | Tous niveaux | Correct | Bon |
Ce tableau vaut ce que valent les impressions d'une voyageuse, à ajuster selon la saison et votre humeur. Mais il donne une idée du grand écart entre une soirée à Tamarindo et une sieste à Sámara.
Les sabaneros, ces cow-boys du Pacifique
Ce qui m'a le plus déroutée, au début, c'est de croiser des cavaliers en chapeau de paille sur le bord des routes. Le Guanacaste a une culture d'élevage très ancienne, et les sabaneros, les vachers ticos, en sont la figure. Bottes, lasso, chapeau, cheval sec et nerveux. On est loin de l'image de la forêt tropicale, et pourtant c'est une part énorme de l'identité de la région, peut-être la plus fière.
Cette culture ressort surtout pendant les fêtes. Les fiestas cívicas rythment la saison sèche, avec leurs topes, ces défilés de chevaux, leurs corridas à la tica où le taureau n'est pas mis à mort, leur marimba et leurs stands de nourriture. Je suis tombée un peu par hasard sur une de ces fêtes dans un village de l'intérieur, un dimanche de janvier. Poussière, musique, odeur de viande grillée, des familles entières endimanchées. Personne ne m'avait rien dit, je n'avais rien prévu, et c'est resté un de mes plus beaux souvenirs de la province.
Côté assiette, on retrouve le casado, ce plat complet du midi avec riz, haricots, plantain, salade et une viande ou un poisson, mais le Guanacaste a ses accents à lui. Beaucoup de maïs, des tortillas épaisses cuites au feu, des boissons fraîches à base de graines et de fruits. Dans les sodas, ces petits restaurants de famille, on mange pour trois fois rien et on discute avec la patronne. C'est là, plus que sur la plage, que j'ai senti battre le cœur tico de la région.
Deux parcs qui rappellent qu'on est au Costa Rica
Le Guanacaste n'est pas qu'une affaire de sable. À l'intérieur des terres, deux parcs valent vraiment le détour, et ils m'ont réconciliée avec l'idée que la région a plus d'une carte à jouer.
Le premier, c'est le volcan Rincón de la Vieja. Un massif encore actif, avec des sentiers qui traversent la forêt sèche puis grimpent vers des zones fumantes, des mares de boue qui bouillonnent, des petits geysers, une odeur de soufre qui pique le nez. Il y a aussi de belles cascades où se baigner après l'effort. J'ai fait la boucle des fumerolles un matin tôt, avant la grosse chaleur, et j'ai adoré ce mélange de forêt et de bouillonnement souterrain. Si l'aventure volcanique vous tente, la randonnée au Rincón de la Vieja est une excellente porte d'entrée, bien plus tranquille que les volcans stars du pays.
Le second, plus confidentiel, c'est Palo Verde, dans les basses terres du fleuve Tempisque. C'est un paradis pour les oiseaux, surtout en saison sèche, quand les zones humides se concentrent et attirent des milliers d'échassiers. On y descend souvent en bateau, lentement, à guetter les hérons, les crocodiles vautrés sur les berges, les singes dans les arbres au bord de l'eau. Rien de spectaculaire au premier regard, mais une paix et une densité de vie qui m'ont scotchée.
Un matin de janvier, entre les fumerolles du Rincón et le foin doré des collines, j'ai enfin compris que le Guanacaste était une région à part, presque un autre pays dans le pays.Manon Estibal
Combien de temps, et comment bouger
On me demande souvent combien de jours réserver au Guanacaste. Ma réponse honnête : ça dépend de ce que vous cherchez. Pour un séjour purement plage et repos, quatre ou cinq jours sur une même baie suffisent à décrocher pour de bon. Si vous voulez goûter à plusieurs ambiances et pousser jusqu'à un parc, comptez plutôt une petite semaine. Moi, la première fois, je n'avais que trois jours, et je suis repartie frustrée, avec le sentiment d'avoir juste effleuré la région.
Un point que personne ne m'avait vraiment prévenue : les distances trompent. Sur la carte, deux plages semblent voisines, mais entre les deux il y a parfois une piste en terre, un gué à traverser, une route qui serpente. En saison sèche la poussière recouvre tout ; en saison des pluies certaines pistes deviennent boueuses. J'ai crevé un pneu un après-midi, sur une route de latérite entre deux villages, et un tico s'est arrêté sans que je demande rien pour m'aider. C'est ça aussi, le Guanacaste. La voiture reste le meilleur moyen de profiter des coins un peu à l'écart, mais roulez large sur les temps de trajet et méfiez-vous des raccourcis trop optimistes du GPS.
Pour l'argent, prévoyez de quoi payer en liquide dans les petits villages et les sodas, où la carte passe mal. Les tarifs bougent beaucoup d'une saison à l'autre, plus chers en plein verano quand tout le monde débarque. Rien de précis à annoncer là-dessus, ça change vite, alors renseignez-vous sur place et comptez large plutôt que juste.
Les couchers de soleil, et l'art de ne rien faire
Si je devais garder une seule image du Guanacaste, ce serait un coucher de soleil. La côte fait face à l'ouest, plein Pacifique, et rien ne vient couper l'horizon. Chaque soir, ou presque, le ciel s'embrase pour de vrai. Orange, rose, puis mauve, avec les silhouettes des surfeurs qui rentrent et les frégates qui tournent haut. J'ai pris l'habitude de tout arrêter à cette heure-là. Poser mon livre, marcher jusqu'au sable, regarder. Les ticos ont un mot pour cette douceur de vivre, le pura vida, et c'est ici que je l'ai le mieux ressenti.
Le tourisme balnéaire est développé dans la région, il faut le dire. Autour de certaines plages du nord, on trouve de grands complexes, des lotissements, une clientèle nord-américaine installée à l'année. Ça ne ressemble pas au reste du Costa Rica, plus artisanal, plus roots. Ça peut décevoir ceux qui cherchent l'aventure brute. Mais dès qu'on s'écarte un peu, vers les villages du sud de Nicoya ou l'intérieur des terres, on retrouve un pays plus simple, plus lent, plus vrai.
Mon conseil, si je peux me permettre ce mot, c'est de ne pas rester planté sur une seule plage. Combinez. Quelques jours d'animation quelque part, quelques jours de calme ailleurs, une virée dans un parc, un dimanche de fête si vous avez de la chance. Le Guanacaste se savoure comme un casado : plusieurs choses dans la même assiette, et c'est l'ensemble qui fait le plaisir. J'y suis retournée deux fois, et je sais déjà que ce ne sera pas la dernière.
Teste-toi
Quel est le principal atout de l'aéroport de Liberia pour un séjour dans le Guanacaste ?
Questions fréquentes
La saison sèche, le verano, de décembre à avril environ, offre un ciel dégagé quasi garanti. C'est aussi la plus fréquentée. J'ai aussi aimé la fin de saison des pluies, quand tout est vert et qu'il y a moins de monde.
Pour profiter des plages à l'écart et des villages du sud de Nicoya, oui, la voiture m'a beaucoup servi. Les distances trompent et certaines pistes sont en terre, alors je roule large sur les temps de trajet.
Sámara reste mon coup de cœur famille grâce à sa baie protégée par un récif, où la mer est calme. Playa Conchal fonctionne bien aussi pour la baignade. Tamarindo est plus animée et convient si on cherche de la vie autour.
Oui, et ça vaut le coup. Le volcan Rincón de la Vieja offre des randos dans les fumerolles et des cascades, et le parc de Palo Verde est un paradis d'oiseaux qu'on découvre en bateau sur le fleuve Tempisque.