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Tamarindo

IMG hero (Nano Banana) : baie de Tamarindo au petit matin, longue plage de sable clair, surfeurs débutants dans des vagues de mousse, palmiers, lumière dorée rasante, Guanacaste

En bref

La première fois que je suis descendue du bus à Tamarindo, il était sept heures et des poussières et l'air sentait déjà la cire de surf et le café trop sucré. Des combis blanches garées de travers, des planches sous le bras, une gringa en bikini qui traversait pieds nus avec son cappuccino. J'ai posé mon sac sur le sable encore frais et je me suis dit que je détesterais l'endroit. Trois jours plus tard, je repoussais mon départ. C'est ça, Tama : on arrive en levant les yeux au ciel, on repart en cherchant une excuse pour rester une nuit de plus.

On m'avait prévenue. Trop touristique, trop de monde, plus vraiment le Costa Rica « authentique » qu'on vient chercher. C'est en partie vrai. Mais il y a une raison si cette baie du Guanacaste attire autant de premières fois, et cette raison tient dans une chose toute simple : ici, on apprend à surfer sans avoir peur. Le reste, l'ambiance, les couchers de soleil qui vident les terrasses, les excursions autour, vient avec.

Le surf du matin, quand la baie appartient encore aux débutants

Si vous n'avez jamais tenu debout sur une planche, Tamarindo est probablement l'un des meilleurs endroits du pays pour essayer. La vague casse sur du sable, pas sur du corail ni sur des cailloux, et elle reste douce, patiente, longue. Le matin surtout. J'ai pris ma première leçon un mardi de janvier vers huit heures, la mer était lisse comme de l'huile et le moniteur, un tico maigre comme un clou qui s'appelait Kevin, m'a poussée dans trois vagues de mousse avant que je me tienne debout. Mal, les bras en l'air, mais debout. Il a crié « pura vida ! » depuis le bord et j'ai bu la tasse en riant.

Les écoles de surf, il y en a partout. Sur la plage principale, dans les ruelles, accrochées à des restos. Les prix se ressemblent, comptez large et négociez le pack plusieurs jours, c'est souvent là que ça devient intéressant. Ce qui change une leçon d'une autre, ce n'est pas le tarif, c'est le moniteur : demandez à en avoir un qui reste dans l'eau avec vous, pas un qui vous plante après le briefing. La location de planche en mousse toute seule fait aussi l'affaire une fois qu'on a chopé le mouvement. J'ai fini par louer à la journée dans une petite boutique tenue par un couple qui me gardait mes affaires derrière le comptoir, l'air de rien.

Un mot sur les horaires, parce que ça compte plus qu'on ne croit. Le matin tôt, la mer est plus rangée et le vent ne s'est pas encore levé. En milieu de journée ça se remplit, ça devient un bouillon de débutants, de planches qui partent toutes seules et de gens qui rament dans tous les sens, pas dangereux, mais chaotique. Si vous voulez de la place, c'est à l'aube. Pour tout comprendre des spots du pays et des niveaux, j'avais épluché ce guide du surf au Costa Rica avant de partir, et il m'a évité de me retrouver dans une vague trop grosse pour moi.

Leçon de mousse au petit matin, la baie encore vide · IMG : plage de Tamarindo à l'aube, débutants en combinaison poussés dans des vagues de mousse par un moniteur, lumière dorée rasante, planches en mousse colorées

« Tama-gringo », et pourquoi le surnom ne me dérange plus

On l'appelle Tama-gringo. Le surnom est moqueur et il est mérité : anglais partout, menus en dollars, boutiques de surfwear, expats américains derrière la moitié des comptoirs, et une clientèle qui passe plus de temps en tongs qu'en chaussures. Le petit village de pêcheurs a disparu sous les hôtels il y a longtemps. Si vous rêvez du Costa Rica rural, celui des sodas familiales et des chemins de terre, ce n'est pas ici que vous le trouverez, du moins pas au centre.

Et pourtant. J'ai fini par arrêter d'en vouloir à Tamarindo d'être ce qu'il est. Parce que ce confort-là, quand on débarque au bout du monde pour la première fois, il rend les choses faciles. On trouve un distributeur, une pharmacie, un resto ouvert tard, une pizza si on n'a plus le courage d'un casado, quelqu'un qui parle votre langue quand vous avez un souci. Pour un premier séjour, pour une famille, pour quelqu'un qui voyage seule et veut se sentir en terrain balisé le temps de prendre ses marques, c'est précieux. On juge l'endroit trop lisse, mais la vérité c'est qu'il amortit le choc. Après, on va chercher l'authentique ailleurs, et il n'est jamais très loin.

Tamarindo fait partie du Guanacaste, la province la plus sèche et la plus ensoleillée du pays, celle des ranchs, des sabaneros à cheval et d'un soleil qui ne fait pas de cadeau en saison sèche. Ça se ressent dans la lumière, dorée, poussiéreuse, et dans la chaleur de midi qui vide les rues aussi sûrement qu'une sieste imposée.

Les soirs, les bars et ce coucher de soleil qui met tout le monde d'accord

Il y a un moment, à Tamarindo, où la ville s'arrête net. Vers dix-sept heures trente, dix-huit heures selon la saison, le soleil descend pile en face de la baie et tout le monde, absolument tout le monde, se tourne vers la mer. Les serveurs sortent sur le trottoir, les surfeurs restent assis sur leur planche à flotter, les couples se prennent en photo, un type joue de la guitare sur le sable. Le ciel vire à l'orange sale puis au rose puis à un violet qui ne dure pas. C'est un des rares clichés touristiques qui, franchement, tient ses promesses. Je ne m'en suis pas lassée une seule fois.

Après, la nuit tombe vite, sous ces latitudes il n'y a pas vraiment de crépuscule qui traîne, et Tama change de peau. Les bars s'allument, la musique monte, les terrasses se remplissent. Ce n'est pas la fête débridée qu'on imagine parfois, mais il y a de quoi faire : happy hours, concerts improvisés, des soirées qui commencent à un bar de plage et finissent on ne sait plus où. Si vous voyagez pour dormir tôt et écouter les singes hurleurs au réveil, sachez que le centre reste animé tard. J'ai adoré deux soirs, et le troisième j'ai pris une chambre un peu à l'écart pour retrouver le silence. Les deux sont possibles, il suffit de choisir son quartier.

On vient à Tamarindo pour apprendre à tomber sans se faire mal, et on repart en sachant se relever debout. Le reste, c'est du soleil en plus.Manon Estibal

Les plages autour, pour changer d'ambiance en dix minutes

Le vrai luxe de Tamarindo, c'est sa position. En restant basée ici, avec un scooter loué ou même à pied pour les plus proches, on saute d'une plage à l'autre et chacune a son caractère. La baie principale pour apprendre et pour l'animation. Playa Langosta, juste au sud, pour souffler. Playa Grande, de l'autre côté de l'estuaire, pour la nature. Et plus loin, les criques discrètes qu'on garde pour soi. J'ai passé une bonne semaine à faire la navette entre elles sans jamais m'ennuyer.

PlageSurfAmbianceCalme ou animé
Tamarindo (baie)Débutant, vagues de sableÉcoles, bars, mondeTrès animé
Playa LangostaIntermédiaire, plus creuxRésidentiel, sauvageCalme
Playa GrandeConfirmé, vague costaudeParc, tortues, natureTrès calme
Playa AvellanasTous niveaux selon le picSoda de plage, cocotiersTranquille
Playa NegraConfirmé, reefSurfeurs, bout du mondeIsolé

Playa Langosta se rejoint à pied depuis le sud du village, ou en quelques minutes de scooter. Le sable y est plus rocheux par endroits, la mer plus creuse, et surtout il y a dix fois moins de monde. J'y suis allée en fin d'après-midi avec deux bières et un livre, et j'ai eu l'impression d'avoir changé de pays sans changer de code postal. C'est là que j'ai compris le truc avec Tamarindo : l'agitation, on la prend ou on la laisse, elle se contourne facilement.

Pour aller plus loin, Avellanas et Negra demandent la voiture et une piste poussiéreuse en saison sèche, boueuse à la pluie. Avellanas a cette soda de plage mythique où l'on mange les pieds dans le sable, Negra a sa vague de reef réservée aux gens sérieux et un bout-du-monde qui fait du bien. Ce sont mes échappées préférées quand Tama devient trop Tama.

Playa Langosta en fin de journée, presque personne · IMG : plage sauvage au sud de Tamarindo, rochers noirs, cocotiers penchés, lumière de fin d'après-midi, une silhouette seule marchant sur le sable mouillé

Playa Grande et les tortues luth, de l'autre côté de l'estuaire

Juste en face de Tamarindo, séparée par un estuaire qu'on traverse en barque à rames pour quelques pièces, s'étend Playa Grande. Longue, vide, protégée : elle fait partie d'un parc national qui existe surtout pour une raison, c'est un site de ponte des tortues luth, ces géantes qui peuvent dépasser les deux mètres. La saison va grossièrement d'octobre à février, avec des variations selon les années, et la ponte se fait de nuit, encadrée par des guides, dans le noir presque total pour ne pas déranger les femelles.

J'ai fait une sortie un soir de décembre et je ne l'oublierai pas. On attend longtemps, on chuchote, on ne voit pas grand-chose, et puis d'un coup cette masse sombre remonte du ressac et se met à creuser. Aucune lampe, juste la lune. Rien de spectaculaire au sens photo, les photos sont d'ailleurs interdites, et pourtant on ressent l'ancienneté du geste jusque dans le ventre. Les populations de luths sont fragiles, donc on suit le guide à la lettre. Si le sujet vous touche, j'en dis plus dans l'article sur les tortues du Costa Rica, avec les autres sites de ponte du pays. Réservez la sortie à l'avance en haute saison, les créneaux sont limités et ça part vite.

Le jour, Playa Grande vaut aussi le détour, tout simplement parce qu'elle est immense et déserte. La vague y est plus puissante qu'en face, réservée aux surfeurs qui savent, mais pour marcher, se baigner et échapper à la foule, c'est un autre monde à cinq minutes de barque.

Snorkeling aux Catalinas et journées en mer

Depuis Tamarindo, plusieurs bateaux partent vers les îles Catalinas, un chapelet de rochers volcaniques au large où l'eau devient soudain plus claire. C'est le coin snorkeling de la région, et selon la saison on y croise des raies pastenagues, des raies mantas, des bancs de poissons colorés et parfois des tortues vertes qui broutent tranquillement. La visibilité dépend beaucoup du moment de l'année et de la houle, on m'avait prévenue que ce n'était pas les Caraïbes, et c'est vrai, mais un bon jour, c'est superbe.

J'ai embarqué sur un catamaran pour une demi-journée, masque et tuba fournis, avec l'arrêt baignade, les fruits coupés et le retour au coucher du soleil sur l'eau. Le genre de sortie un peu attrape-touriste sur le papier, que j'ai pourtant adorée parce que voir la côte du Guanacaste depuis le large remet les choses en place. Comptez large sur le tarif, ça varie énormément entre le petit bateau de pêche et le catamaran avec bar à bord. Pour les plongeurs certifiés, les Catalinas offrent aussi des sorties en bouteille, surtout de décembre à avril quand les mantas passent.

Rester ou repartir : mon avis après plusieurs séjours

Alors, faut-il aller à Tamarindo ? Ma réponse a changé avec le temps. La première fois, j'y ai vu tout ce qu'on lui reproche : le côté station balnéaire calibrée, les prix gonflés, le Costa Rica sous cellophane. Puis j'y suis revenue, et j'ai compris que c'était une excellente base plus qu'une destination en soi. On apprend à surfer ici parce que c'est facile et rassurant, on profite du confort deux ou trois jours, et on rayonne autour pour le reste.

Si l'animation vous fatigue vite, gardez Tamarindo pour un court passage surf et filez ensuite vers plus tranquille. À une heure et quelque de route, Nosara vit au rythme du yoga et d'une jungle qui grignote la plage, une tout autre planète. Plus au sud, Santa Teresa mélange surf sérieux et esprit bohème sur des pistes cabossées. Beaucoup de voyageurs enchaînent ces trois-là et repartent en ayant fait le tour des ambiances de la côte, du plus balisé au plus sauvage.

Mon conseil, si tant est que j'en donne un : ne boudez pas Tama par principe. Prenez-y deux matins de surf, un coucher de soleil sur la plage, un soir de fête si le cœur vous en dit, une sortie tortues ou snorkeling. Puis levez le camp vers plus calme, le sel encore dans les cheveux et une vague enfin domptée dans les jambes. C'est comme ça que je l'ai aimé, cet endroit qu'on adore détester.

Le rituel du coucher de soleil, tout le monde tourné vers la baie · IMG : coucher de soleil sur la baie de Tamarindo, silhouettes de surfeurs assis sur leurs planches face au soleil, ciel orange et violet, reflets sur l'eau

Teste-toi

Pourquoi Tamarindo est-il conseillé pour débuter le surf ?

Questions fréquentes

Oui, à condition de savoir ce qu'on vient y chercher. Le centre est très aménagé et anglophone, mais c'est justement ce confort qui rend un premier séjour facile. En rayonnant vers les plages voisines, on retrouve vite du calme.

Le matin tôt, autour de sept ou huit heures. La mer est plus lisse, le vent ne s'est pas levé et la baie n'est pas encore envahie de débutants. En milieu de journée ça devient un vrai bouillon de planches.

Grossièrement d'octobre à février, avec des variations selon les années. La ponte se fait de nuit, encadrée par des guides et sans lampe ni photo. Il faut réserver la sortie à l'avance en haute saison.

Playa Langosta se rejoint à pied au sud du village pour souffler tout de suite. Plus loin, Nosara et Santa Teresa offrent une ambiance bien plus calme et sauvage, à une heure et quelque de route.