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Santa Teresa
En bref
- Ancien village de pêcheurs au bout de la péninsule de Nicoya, devenu un spot de surf cosmopolite, jeune et plutôt cher.
- Une seule rue poussiéreuse concentre restos, auberges et écoles de surf, avec les quads et les scooters pour rois.
- Beach break puissant à Playa Carmen et Playa Hermosa; Mal País, juste au sud, reste plus calme et rocheux.
- On y accède par le ferry Puntarenas-Paquera puis une piste cabossée; un 4x4 est conseillé, surtout en saison des pluies.
La première fois que j'ai roulé jusqu'à Santa Teresa, j'avais de la poussière dans les dents avant même d'avoir posé mon sac. La piste tape, ça secoue, et puis d'un coup la mer apparaît entre deux palmiers, plate et dorée en fin d'après-midi. Il y a ce moment précis où tu comprends pourquoi tout le monde vient jusqu'ici, au bout de la péninsule de Nicoya, sur une route qui ne mène nulle part sauf à la plage. Un quad me double dans un nuage ocre. Une fille en combinaison marche pieds nus au bord du bitume défoncé, planche sous le bras.
Santa Teresa, c'était un village de pêcheurs il n'y a pas si longtemps. Aujourd'hui c'est une longue rue unique, la fameuse, bordée de sodas, de comptoirs vegan, de boutiques de surf et d'hôtels qui montent en gamme d'année en année. Cher, jeune, cosmopolite. On y croise autant d'Israéliens, d'Argentins et de Californiens que de Ticos. Et pourtant, quand tu descends sur le sable au coucher du soleil, tout ce brouhaha s'efface.
La rue, la poussière et les quads
La géographie de Santa Teresa tient dans une phrase: il y a une route. Une seule vraie artère qui longe la côte, en partie goudronnée, en partie pas, avec des trous qui se remplissent de boue à la saison des pluies et de poussière le reste de l'année. Tout est dessus ou juste à côté. Les restos, les auberges, les écoles de surf, le petit supermarché où j'allais chercher mes fruits le matin. Pas de trottoir digne de ce nom. On marche sur le bas-côté, on se range quand un pick-up passe.
Le mode de transport local, c'est le quad. Ou le scooter, ou le buggy de location. À certaines heures, ça bouchonne pour de vrai, une file de moteurs qui pétaradent dans le nuage ocre, et tu te retrouves un foulard sur le nez comme tout le monde. J'ai mis deux jours à comprendre pourquoi les gens portaient des bandanas. Le troisième, j'en avais acheté un. La poussière rentre partout, dans les cheveux, dans le sac, sur l'écran du téléphone. On finit par ne plus la voir.
Ce désordre a un charme bizarre. Le soir, les enseignes s'allument, la musique sort des bars, ça sent le poulet grillé et la crème solaire. Les gens sortent de la mer, se douchent au tuyau devant les auberges, filent boire une bière les cheveux encore mouillés. Mais faut être honnête: la poussière, la circulation, les prix qui grimpent, c'est le revers de la hype. Santa Teresa n'est plus un secret depuis longtemps, et ça se sent en janvier quand la rue est pleine.
On arrive lessivé, couvert de poussière, et c'est un peu le prix d'entrée pour mériter cette plage.Manon Estibal
Le surf, la vraie raison qu'on vient
Ici on vient pour l'eau. Santa Teresa, c'est un beach break, ce qui veut dire que les vagues cassent sur le sable et pas sur un récif. Concrètement: des pics un peu partout le long de la plage, une houle qui rentre bien, un fond qui bouge avec les marées. C'est puissant. Pas méchant comme un reef, mais ça tape, surtout à marée basse quand les séries s'enchaînent. La bonne nouvelle, c'est qu'il y a de la vague quasiment toute l'année, avec des pics plus musclés d'avril à octobre.
La plage principale, Playa Carmen, est le spot le plus accessible et le plus fréquenté. C'est là que la plupart des écoles emmènent leurs élèves, et là aussi que ça se bouscule un peu quand la houle est bonne. En remontant vers le nord, Playa Santa Teresa et Playa Hermosa, la locale et pas celle de Jacó, offrent plus d'espace et souvent de meilleures vagues. J'ai un souvenir précis d'une session de fin de journée à Hermosa. La lumière qui passait de l'or au rose, les pélicans au-dessus des vagues, presque personne à l'eau. Ce genre de moment où tu oublies de compter les vagues, où tu restes assise sur ta planche juste pour regarder.
Pour les débutants, c'est faisable, mais avec un moniteur et à la bonne marée. Le courant de retour tire, et l'eau est plus sérieuse qu'à Sámara ou dans les baies protégées du golfe. Si tu débutes vraiment, je te pousserais plutôt vers des spots plus doux, j'en parle dans mon guide du surf au Costa Rica. Dès que ça monte, Santa Teresa devient un terrain de jeu pour surfeurs qui ont déjà quelques semaines dans les jambes. L'esprit yoga-surf plus posé, celui des réveils en douceur et des cours doux, tu le trouveras davantage du côté de Nosara.
Mal País, le versant plus calme
Juste au sud, la route continue, ou plutôt se dégrade, vers Mal País. Techniquement c'est le même bout de côte, mais l'ambiance change dès les premiers virages. Mal País, c'était le vrai village de pêcheurs à l'origine, et il en garde quelque chose. Moins de néons, plus de silence, des criques rocheuses, des piscines naturelles à marée basse où l'eau reste tiède. Les gens y logent quand ils veulent Santa Teresa à dix minutes en scooter mais dormir au calme, sans la basse des bars jusqu'à deux heures du matin.
C'est là que je conseillerais de poser ses valises si la fête et la foule te fatiguent vite. Le surf y est plus creux par endroits, plus technique, avec quelques fonds rocheux à connaître. Et au bout de la route, il y a la réserve de Cabo Blanco, la première zone protégée du pays, une forêt qui tombe droit dans la mer. Une rando courte mais raide, des singes hurleurs au réveil, une plage sauvage au bout où presque personne ne descend. J'y suis allée un matin, seule sur le sentier pendant une heure, et c'est le contrepoint parfait à la rue et ses quads.
Santa Teresa, Mal País, Playa Hermosa: laquelle pour toi?
Ces trois-là se touchent presque, sur le même bout de péninsule, mais l'expérience n'est pas la même selon ce que tu cherches. Voilà comment je les range dans ma tête après plusieurs séjours.
| Spot | Ambiance | Surf | Calme |
|---|---|---|---|
| Santa Teresa (Playa Carmen) | Branchée, cosmopolite, bars et brunchs | Beach break accessible, souvent bondé | Faible en haute saison |
| Playa Hermosa (locale, au nord) | Plus étalée, familles et locaux | Belles vagues quand la houle grossit | Correct, surtout en semaine |
| Mal País (au sud) | Village de pêcheurs, rustique | Plus creux et technique, criques | Le plus tranquille des trois |
Mon compromis à moi: dormir côté Mal País, surfer le matin à Hermosa quand c'est encore vide, et remonter à Santa Teresa le soir pour l'animation et le coucher de soleil. Le meilleur des trois sans avaler la poussière toute la journée.
Y arriver, et ce que ça coûte au corps
Santa Teresa est au bout de la péninsule, et ça se mérite. Deux options. Soit tu descends par la route depuis le Guanacaste en contournant tout le golfe, long et fastidieux, avec des tronçons de piste au bout de toute façon. Soit, la plus classique, tu prends le ferry depuis Puntarenas jusqu'à Paquera, une heure sur l'eau plutôt agréable, puis une heure et quelque de piste jusqu'à la pointe. Les derniers kilomètres sont cabossés. Un 4x4 n'est pas du luxe, surtout en saison des pluies où certains gués montent et où la boue remplace la poussière.
J'ai fait ce ferry au lever du jour une fois, café tiède à la main, les îles du golfe dans la brume et les frégates qui suivaient le bateau. C'est un des trajets que je préfère au Costa Rica. Pour les horaires et les combinaisons bus plus bateau, regarde mon article sur les transports au Costa Rica, parce que ça bouge souvent et je ne veux pas te donner un horaire qui sera faux dans trois mois.
Depuis San José, compte une bonne journée porte à porte, entre le trajet jusqu'au ferry, la traversée et la piste. Il y a aussi des petits vols vers Tambor, plus au nord, si tu veux couper court et gagner quelques heures. Mais franchement, la piste fait partie du voyage. On arrive rincé, on pose le sac, on file voir la mer, et le reste s'oublie.
Manger, dormir, et le porte-monnaie
Santa Teresa est chère, pour le Costa Rica. Sans doute l'un des coins les plus chers de la côte Pacifique avec certaines poches de Guanacaste. Un smoothie bowl te coûte le prix d'un vrai repas ailleurs, et la carte des restos branchés fait parfois sourire quand on sort d'un budget routard. Cela dit, les sodas existent encore, ces petits restos de cuisine tica, et un bon casado, le plat du jour tico avec riz, haricots, salade et viande ou poisson, reste abordable si tu cherches un peu à l'écart de la rue principale. J'alternais: bowl un jour, soda le lendemain pour rééquilibrer le budget.
Côté sommeil, il y a de tout. Des dortoirs de surfeurs à quelques euros aux villas perchées dans la jungle à plusieurs centaines la nuit. La montée en gamme est nette, de nouveaux hôtels-boutiques ouvrent chaque saison, et les prix suivent. Réserve à l'avance en haute saison, de décembre à avril, parce que ça se remplit vite et que les bonnes adresses partent tôt. Si tu cherches moins cher et plus tranquille sur la même péninsule, Sámara reste une valeur sûre, plus familiale, moins branchée, avec une baie où les débutants sont bien mieux.
Qui vient ici, et à quel moment
Le public, c'est une faune bien à elle. Des surfeurs qui restent trois semaines, des nomades qui travaillent le matin sur leur ordi et surfent l'après-midi, des couples en lune de miel, des groupes d'amis venus faire la fête. Beaucoup de vingtenaires et de trentenaires, pas mal d'Européens, une grosse communauté qui s'installe et rouvre des cafés. On parle plus anglais et espagnol argentin que français, et la carte de yoga du matin est presque aussi fournie que celle des cocktails du soir.
Pour la saison, tout dépend de ce que tu viens chercher. La saison sèche, de décembre à avril, garantit le soleil mais c'est aussi le pic de monde, de poussière et de prix. La saison verte, de mai à novembre, c'est plus humide, plus vert, souvent une averse en fin d'après-midi, et une houle plus musclée pour le surf. Mon créneau préféré reste les épaules, mai-juin et fin novembre, quand la rue respire un peu et que les couchers de soleil s'étirent après la pluie du jour.
Alors, hype ou beauté brute?
La vraie question, c'est le compromis. Santa Teresa est un peu victime de son succès. Les prix, la poussière, la sur-fréquentation en pleine saison, l'impression parfois d'être dans une bulle d'expats plus que dans un village costaricien. Tout ça est réel, et je ne vais pas faire semblant du contraire. Et pourtant.
Il y a ces couchers de soleil. Chaque soir, la plage se remplit doucement, les gens sortent de l'eau, s'assoient sur le sable, et le ciel fait son numéro. Personne ne parle fort. Les chiens courent après les vagues, quelqu'un sort une enceinte pas trop forte, une bière passe de main en main. Une session de fin de journée ici, quand le soleil descend pile dans l'axe des pics et que l'eau devient rose, ça reste une des choses les plus belles que j'ai vécues sur cette côte. Pour ça, oui, je reviens. Mais je choisis ma saison, je viens plutôt en épaule de saison, et je garde toujours un pied du côté de Mal País.
Si tu veux du surf sérieux avec un supplément d'âme, tu peux aussi jeter un oeil à Dominical, plus au sud, autre esprit mais même sable qui tape. Chacun sa pointe, chacun son bout de Pacifique. Santa Teresa, moi, je l'aime pour ce qu'elle a gardé de brut sous le vernis, cette poussière qui ne ment pas.
Teste-toi
Quel type de vague trouve-t-on principalement à Santa Teresa?
Questions fréquentes
Le plus simple est de rejoindre Puntarenas, de prendre le ferry jusqu'à Paquera (environ une heure), puis de rouler une bonne heure de piste jusqu'à la pointe. Compte une journée porte à porte. Il existe aussi des petits vols vers Tambor pour couper court.
Oui avec un moniteur et à la bonne marée, mais l'eau est plus sérieuse que dans les baies protégées. Le courant tire et ça tape à marée basse. Pour un vrai débutant, Sámara ou une baie plus douce est souvent plus confortable.
C'est fortement conseillé. Les derniers kilomètres sont en piste cabossée, et en saison des pluies certains gués se remplissent. On peut y arriver en voiture basse par temps sec, mais on roule au pas.
Santa Teresa est plus animée, plus branchée et plus fréquentée, avec ses bars et ses brunchs. Mal País, juste au sud, garde son côté village de pêcheurs, plus calme et rocheux, à dix minutes de scooter.